Un cuisinier sort un naan boursouflé d'un tandoor incandescent, dans une cuisine sombre.

Le pain sort
de la braise

Cuisine indienneFeu de tandoorParis

01 — La méthodeQuatre cents degrés, et rien d'autre

Le tandoor ne se règle pas : il se lit. On y plonge le bras, on colle la pâte contre l'argile, et la braise décide du reste.

La paroi

L'argile emmagasine la chaleur et la rend lentement. C'est elle qui cuit, pas la flamme.

La marinade

Yaourt, gingembre, ail, épices entières grillées puis broyées. Le temps fait le travail avant le feu.

Le coup de feu

Quelques minutes suspendues au-dessus des braises. Trop court, c'est cru ; trop long, c'est sec.

02 — La carteCe qui passe par le feu

Naan au beurre clarifié

Collé contre l'argile, gonflé en trente secondes, marqué de cloques noires.

Poulet tikka

Marinade au yaourt et aux épices grillées, saisi à la broche jusqu'à l'arête brûlée.

Dal noir

Lentilles urad cuites très longtemps, montées au beurre. Le plat le plus lent de la maison.

Gombos grillés

Passés au feu vif jusqu'à ce que les arêtes croustillent, relevés au cumin et au citron noir.

Un thali sur un plateau de laiton martelé : curry sombre, riz safrané, gombos grillés, coriandre fraîche.

03 — L'assietteServi sur le laiton

Le plateau martelé garde la chaleur et refuse la mise en scène : les petits bols arrivent ensemble, on mélange soi-même.

Les épices sont grillées le matin, broyées juste avant le service. Ce qui se démode le plus vite dans une cuisine indienne, c'est une poudre ouverte depuis trois semaines.

04 — La salleSombre, exprès

Murs charbon, une seule lampe de laiton par table, et le magenta d'un bougainvillier qui déborde du mur. On voit ce qu'on mange, et rien d'autre.

Le bruit de la salle vient du tandoor, pas de la musique.

Détail d'une salle sombre : bougainvillier magenta au-dessus d'une applique en laiton vieilli.

Passer à table

Site de démonstration : les coordonnées d'un établissement réel ne peuvent pas être inventées.

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